vendredi 5 février 2016

Perrin, de Lézeville à Oran via Prauthoy

Officier et chasseurs du 7e régiment d'infanterie légère en 1812. (Photo issue du site de Frédéric Berjaud). Il a connu la Haute-Marne dans toute sa diversité géographique. Né dans le nord-est du département, adolescent dans l'ouest haut-marnais, Joseph-Victor Perrin s'est marié à l'extrémité sud. Ses racines, donc, sont à Lézeville, dans l'ancien canton de Poissons – village où décédera le père du futur lieutenant François Jeannot. René, le chef de famille, est manouvrier dans la commune, lorsque son fils naît le 22 juillet 1789. D'homme de la terre sous l'Ancien régime, le père deviendra curieusement gendarme. Joseph-Victor le suivra donc dans ses affectations. D'abord à Bourmont. Etudiant, le jeune homme, appelé avec la classe 1809, est exempté du tirage au sort, puisque servant déjà, comme René, dans la gendarmerie. Ce qui ne l'empêchera pas d'être dirigé, le 28 octobre 1808, sur un régiment des fusiliers de la Garde impériale. Un tremplin pour sa carrière militaire : l'enfant de Lézeville est sous-lieutenant, à 23 ans, dans le 7e régiment d'infanterie légère, lorsqu'il est fait prisonnier durant la Campagne de Russie. A son retour de captivité, il est situé, fin 1815, comme «officier en activité» à Juzennecourt, où son père a été entre-temps affecté. Sert-il rapidement durant la Première Restauration ? Apparemment pas. En revanche, Perrin est promu lieutenant, en 1823, et sert au 62e régiment d'infanterie de ligne créé la même année. Un corps qu'il ne quittera dès lors plus. En 1827, Joseph-Victor se marie à Prauthoy, où René est gendarme, avec Nicole-Louise Daguin. La Monarchie de Juillet le voit capitaine (30 septembre 1830, à la même date que son compatriote Delavenay), toujours au 62e. Membre de la Légion d'honneur, Perrin est veuf lorsque le 24 novembre 1837, il décède de maladie dans un hôpital militaire d'Oran, en Algérie, à 48 ans. Son régiment, venu de Marseille, servait en Afrique du Nord depuis juin 1836.