mercredi 30 décembre 2015

Un héros de Valoutina (1812) : le lieutenant Etienne

(Dessin signé Frédéric Berjaud, auteur de l'excellent blog consacré aux soldats de la Grande Armée). Dainville-Bertheléville est aujourd'hui une commune de la Meuse. Très proche de la Haute-Marne, elle a même fait partie, durant la Révolution, de ce département. C'est ici qu'a vu le jour, alors que le village se nommait Dainville-aux-Forges, le 14 novembre 1776, Théodore Etienne, fils de François Etienne et de Marie-Anne Bourlier. Une famille qui va s'établir à Roches-sur-Rognon, où le père exerce la profession de forgeron, puis à Ecôt-la-Combe. Contrairement à ce qu'indique le registre des matricules des soldats de la 12e demi-brigade d'infanterie de ligne, Théodore Etienne n'est donc pas né à Roches, village proche de Doulaincourt, mais il y est domicilié, lorsqu'il rejoint comme fusilier, avec son compatriote Louis Fayolle, la 2e compagnie du 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne, à 23 ans. C'est toujours avec Fayolle (futur sergent) qu'il est incorporé dans la 12e demi-brigade, le 10 juin 1800, où il devient successivement caporal (1803) puis sergent (1806), ceci après avoir été blessé d'un coup de feu à Iéna. A nouveau touché le 25 décembre de la même année, Etienne est nommé sous-lieutenant (8 juin 1809), à 33 ans. Lieutenant (28 décembre 1810), il s'illustre le 19 août 1812 lors de la bataille de Valoutina, à l'occasion d'une des premières affaires de la Campagne de Russie. Durant cette bataille qui voit le général de division Gudin tomber pour la France, Etienne, alors officier au 2e bataillon, blesse de plusieurs coups de sabre le général de brigade russe Toutchkow, frère de deux autres généraux, qu'il capture. Pour ce fait d'armes, le Haut-Marnais est promu capitaine et fait – comme son compatriote Vacherot - membre de la Légion d'honneur, le 20 août 1812. Etienne se distingue encore à La Moskowa, le 7 septembre 1812, en étant un des premiers entrés dans la fameuse grande redoute (où il aurait été blessé). Touché à nouveau le 5 novembre durant la retraite, puis le 14 septembre 1813 à Peterswald (quelques semaines auparavant, il a été fait officier de la Légion d'honneur), il est capturé le 11 novembre 1813 à Dresde et ne rentre en France qu'en juin 1814. Capitaine au 29e régiment d'infanterie de ligne (ex-Légion du Nord) sous la Restauration, Etienne est promu chef de bataillon et cesse de servir fin 1831. Il était l'époux, depuis 1822, de Caroline-Virginie Labitte, originaire de Paris. Théodore Etienne décède à Saint-Germain-en-Laye le 11 avril 1837, à 61 ans.

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