lundi 30 décembre 2013

Le 22e de ligne et la Haute-Marne

Le 22e de ligne a été particulièrement meurtri le 22 juillet 1812 lors de la bataille des Arapiles. C'est durant le Directoire, en 1798, que la conscription, faisant suite à l'engagement volontaire et à la réquisition sous la Révolution, a été instituée, par la loi Jourdan-Delbrel. Les premiers Haut-Marnais touchés par cette nouvelle formule d'incorporation sont nés en 1777 et 1778. Ce sont pourtant les plus jeunes qui sont les premiers à entrer en service. Ils sont incorporés à partir du 8 frimaire de l'an VII de la République (28 novembre 1798) dans la 22e demi-brigade d'infanterie de ligne du chef de brigade Schreiber, qui sert la même année en Allemagne, puis en l'an VIII et en l'an IX en Hollande et en Italie, notamment à Marengo. Sous l'Empire, le 22e de ligne se battra à Heilsberg et en Espagne, particulièrement aux Arapiles. Quel était l'effectif de ce contingent ? Les documents font défaut pour répondre précisément à cette question. Mais nous savons qu'en 1803, année où la demi-brigade devient régiment, servent encore, au sein de ce corps, 119 fantassins haut-marnais entrés en service à partir du 11 frimaire (1er décembre). Un chiffre révélateur : au moins 29 de ces conscrits sont devenus officiers. . les capitaines Charles Bazard, d'Hoéricourt, Nicolas Boisselier, de Chatoillenot, François Gaudel, d'Hâcourt, Louis Haumécourt, de Bourbonne-les-Bains, François Larchez, de Chaumont (tué en Saxe en 1813), Joachim Larribe, de Bourbonne (prisonnier en 1812), Germain Minot, de Poinsenot, François Pariselle, de Poinson-lès-Fayl, François Prudent, de Fayl-Billot, Joseph Richer, de Dommarien (blessé en Espagne en 1812), soit dix capitaines ; . les lieutenants et sous-lieutenants Louis-Paul Barbaran, de Wassy, Armand Cercey, de Rennepont (blessé aux Arapiles), François-Nicolas Henry, de Longchamp-lès-Millières (blessé en Espagne), Jacques-Mammès Guidel, de Montsaugeon, Pierre Gervaisot, d'Eclaron (blessé aux Arapiles), Nicolas Giraux, de Larivière-sur-Apance, Claude Gobert, de Chamouilley, Philibert Laurent, de Brottes, Jean-Remy Martin, de Ceffonds, Pierre Mennetrier, de Bourbonne, Pierre Mercier, de Praslay (blessé en Belgique), Remy Michelot, de Pautaines, Henry Mignon, d'Andelot, Rémi Philippe, de Nomécourt, François Ragot, de Baudrecourt, Nicolas Rigollot, de Châteauvillain (blessé en Belgique), Nicolas Simon, de Doulaincourt (tué à Saint-Sébastien), Claude Simonnot, de Biesles (blessé à Wurschen), Simon Truchot, de Choilley... Soit 19 officiers. Sans oublier Charles Frossard, de Saint-Urbain, passé par la 22e, futur capitaine de la Garde impériale. A noter que le 22e de ligne a été particulièrement meurtri le 22 juillet 1812, lors de la bataille des Arapiles (également fatale aux conscrits de 1777 incorporés dans le 101e de ligne). Ainsi, ce jour-là, ont été faits prisonniers les Haut-Marnais François Dimet (Chaumont), Jean-Baptiste Demange (Poissons), le sergent-major Jean-Baptiste Caussin (Prez-sous-Lafauche), le sergent-major Simon Blanchard, le sergent François Brisebard, le sergent Nicolas Broussard (Sommevoire), Charles Didier, Jean-Baptiste Horiot, Jacques Lahalle (Donjeux), Nicolas Pingot (Saint-Dizier), le sergent Pierre Sarrey (Roches-sur-Rognon), le sergent Joseph Thirion... A noter encore que le 22e de ligne (brigade Dupeyroux, 10e division Habert, 3e corps) se battra en Belgique en juin 1815. Il était sous les ordres du colonel Fantin des Odoards, assisté du major Gaultier, et ses trois bataillons confiés respectivement aux commandants André-Félix Germain (né en 1772 dans la Drôme), touché par un coup de feu au bras droit à Wawre, Sounié (ou Sommié) et l'Ardennais Brice-Narcisse Hotte. Selon Martinien, 17 officiers ont été blessés le 16 juin à Ligny, un tué et six blessés (dont Germain) le 18 juin à Wawre, un tué et deux blessés dans un combat route de Wawre le lendemain. Parmi les officiers haut-marnais ayant pris part à la Campagne, citons le capitaine Pariselle, de Poinson-lès-Fayl, et le lieutenant Ragot, de Baudrecourt, blessés à Ligny, le lieutenant Rigollot, de Châteauvillain, et le sous-lieutenant Mercier, de Praslay, blessés à Wawre, les capitaines Bazard, et peut-être les capitaines Gaudel et Haumécourt.