vendredi 26 mai 2017

Les Babelon père et fils, officiers au service de l'Espagne

Une correspondance préfectorale conservée par les Archives de la Haute-Marne apporte des renseignements sur des ressortissants de ce département servant dans l'armée, sous l'Empire, à titre étranger. Parmi eux, un Langrois, le chef d'escadron Jean-Baptiste Petitjean de Rancourt, à propos duquel il est précisé qu'il est parti, jeune, en 1787, suivre en Espagne un officier d'artillerie, Babelon. C'est le père de ce dernier qui nous intéresse d'abord. Hubert Babelon a vu le jour à Chaumont le 7 avril 1723. Baptisé en l'église Saint-Jean-Baptiste, il est le fils de noble Hubert Babelon, conseiller du roi et procureur en la maîtrise des Eaux et forêts du bailliage de Chaumont, et de Marguerite Bouvardel. Entré dans la carrière militaire, Babelon servit dans le corps royal de l'artillerie. Situé comme officier de mineurs, en 1758, il fut du camp de Saint-Roch, devant Gibraltar, quatre ans plus tard. Capitaine au régiment d'artillerie de Metz, stationné à La Fère (Aisne), en 1774, le Chaumontais en commandait la compagnie de mineurs, cinq ans plus tard, avant d'être pensionné en 1781. C'est alors que Charles III, roi d'Espagne, a fait appel aux services de ce chevalier de Saint-Louis. Les troupes franco-espagnoles assiégeaient alors le fort Saint-Philippe de l'île de Minorque (Baléares), en 1782. Le choix s'était porté sur Babelon puisque selon un mémorialiste, il avait été le compagnon et le confident de M. de Vallière au camp de Saint-Roch, 20 ans plus tôt, et qu'il connaissait donc la péninsule. Après la prise du fort, Babelon est chargé des démolitions de l'ouvrage et des forts adjacents. Voilà pourquoi, selon la presse de l'époque, le roi le nomme, le 4 février 1783, «colonel en activité dans le corps de son artillerie» et, «pour marquer davantage la satisfaction qu'il a eue des services de cet officier, a nommé son fils lieutenant en pied dans le corps d'artillerie». Le fils en question, Louis Babelon, est le fruit de l'union d'Hubert, alors capitaine, seigneur en partie de Saint-Martin, et de Marie d'Argens, fille d'officier d'infanterie, union célébrée le 28 janvier 1764 à Chaumont. C'est donc adolescent qu'il a suivi son père en Espagne, mais selon le baron de l'Horme, c'est à Gras, près de Metz, avant 1794, qu'il a épousé Jeanne-Baptiste-Rosalie Petitjean de Rancourt, née à Langres en 1768 (morte avant 1821), sœur de Jean-Baptiste, d'où naîtront plusieurs filles. L'officier, appelé Don Luis Babelon de San Martin par les historiens espagnols, sera lieutenant du roi dans l'île de Minorque, à partir de l'été 1802, avec le grade de coronel (colonel). Sous l'Empire, Louis Babelon a l'occasion de gérer l'accueil de compatriotes faits prisonniers de guerre par les insurgés espagnols. Gouverneur de Mahon (capitale de Minorque), il voit en effet arriver, le 18 juin 1809, quelque 170 officiers français. L'un d'eux se souviendra que «M. Babelen (sic), gouverneur de Mahon, fut dénoncé à la junte de Palma et de Mahon par l'intendant, qui l'accusait de traiter les prisonniers avec trop d'égards et de douceur. Cette dénonciation fit supprimer la permission des bains de mer qui étaient si favorables à leur santé. Le gouverneur, mandé à Palma, se justifia aisément des imputations de l'intendant : mais le coup était porté. Le 21 octobre, les mesures les plus rigoureuses (…) en furent les résultats... Le 10 novembre, M. Babelen fut remplacé...» Selon une étude lorraine, Babelon sera à nouveau gouverneur de Mahon de 1814 à 1820. Et l'année suivante, il sera qualifié de général de brigade au service du roi d'Espagne, domicilié à Palma (Majorque). C'était à l'occasion du mariage d'une de ses filles, Marie-Jeanne-Clémentine de Babelon, née en Espagne en 1794, qui s'est mariée... en Haute-Marne. Elle a en effet épousé le vétérinaire Varney à Prauthoy, en 1821. Pour la petite histoire impériale de la Haute-Marne, un officier d'ordonnance de Napoléon natif de Montier-en-Der, Pierre-Augustin Berthemy, dût, au printemps 1808, dans un château de Palma de Majorque devant une révolte d'habitants – cet épisode a été évoqué sur ce blog.

samedi 28 janvier 2017

Michel Durand, général de l'an II décédé à Poulangy

En 1793, les Représentants du peuple, en mission auprès des armées de la République, avaient la liberté de procéder aux nominations de généraux. Des hommes promus à titre provisoire et qui n'ont pas toujours été confirmés dans leur grade. C'est le cas d'un futur citoyen de la Haute-Marne, dont la vie est particulièrement méconnue dans le département : Michel Durand. Lorsqu'éclate la Révolution, l'homme a déjà 50 ans. C'est un enfant de la Dordogne, né le 26 février 1739 à La Chapelle-Montmoreau, fils de Léonard, avocat. Lui-même étudiant en droit, il devient dragon (d'Aubigné) du roi en 1758, sous-officier en 1762. C'était après avoir pris part, entre 1758 et 1762, à cinq années de campagne. Porte-guidon en 1774, lieutenant en second en 1786, Durand devient quartier-maître trésorier avec rang de capitaine en 1788. Lieutenant-colonel le 31 janvier 1793, il est situé, au printemps, deuxième chef d'escadron au 2e régiment de chasseurs à cheval, sous les ordres du chef de brigade Laboissière (régiment dont nombre d'officiers sont originaires des Charentes), après avoir pris part à la campagne de 1792. Général de brigade le 11 octobre 1793, à 54 ans, Michel Durand commande, au 15 du mois, la place de Fort-Vauban, ou Fort-Louis, en Alsace. Selon des sources militaires, sa garnison se compose de 3 270 hommes, appartenant aux 37e et 40e demi-brigades de ligne, aux 1er bataillon de première réquisition de Strasbourg, 3e bataillon de Saône-et-Loire, 3e bataillon du Gard, et 12e bataillon des Vosges (où est officier le Haut-Marnais Salme, qui obtiendra bientôt les étoiles). Futur général de la Grande-Armée, le chef de bataillon Chambarlhac commande le génie de la place, assiégée par 7 000 hommes et quatre escadrons de cavalerie aux ordres du général de Lauer. Le blocus est marqué par des bombardements ennemis entraînant l'incendie des maisons proches du fort, si bien que sur proposition du conseil de guerre de la place, Durand sollicite le 15 novembre 1793 une capitulation avec les honneurs de la guerre. Prisonnier, le général Durand reste captif deux ans en Hongrie, rentre en France à la suite d'un échange le 21 août 1795. Non employé, ruiné par deux banqueroutes, il s'installe, à une date et pour une raison inconnues, à Poulangy, en Haute-Marne. Deux hommes présentés comme ses amis, Gaspard Michelin, desservant, domicilié à Poulangy, et Charles Descharmes, juge de paix du canton de Nogent, résidant à Marnay-sur-Marne, déclarent le décès de cet «ex-général de brigade», le 8 novembre 1807, à son domicile de la rue de l'Abbaye. Michel Durand s'était marié, en 1786, à Avesnes, dans le Nord, avec Sophie-Henriette Cohendet, née en 1772, fille d'un capitaine, chevalier de Saint-Louis, futur commandant de Strasbourg. Dame de la maison de la Légion d'honneur à Ecouen, elle deviendra première dame de l'impératrice Marie-Louise (1810-1814). Expérience qui donnera naissance à des souvenirs publiés en 1820. Mme veuve Durand, mère de trois enfants (dont Sophie), décède en 1850.

lundi 14 novembre 2016

Boulet fatal pour le général Damrémont

En octobre 1837, l'armée française assiège la place de Constantine. Voilà sept ans que les troupes du roi Louis-Philippe ont entrepris la conquête de l'Algérie, et pour cette nouvelle expédition, c'est le gouverneur-général des possessions françaises, le lieutenant-général chaumontais Charles-Marie Denys de Damrémont, qui dirige les opérations en compagnie du duc de Nemours. Nous sommes le 12 octobre 1837, l'assaut est imminent. Il est 8 h du matin. Damrémont s'en va examiner la batterie de brèche, puis, rapporte une relation des combats, il «s'avança imprudemment vers la partie occidentale de la colline de Condiat-Aty, pour observer, à l'aide d'une longue vue, l'effet du feu. Les boulets, les bombes et même les balles qu'il entendait siffler ou crever autour de lui, ne purent l'arrêter dans sa promenade téméraire. Il expia enfin ce mépris obstiné de la mort : un boulet de quatre le renversa sans vie. A peine eut il le temps de recommander à Dieu son âme intrépide par ce mot : «Mon Dieu!» qui lui échappa. Le général Perregaux, se penchant sur le corps de son ami, fut blessé au front par une balle.».» La mort du Haut-Marnais sera le sujet d'un tableau du fameux peintre Horace Vernet. Comme Damrémont, dont il est chef d'état-major, Perregaux est un ancien de la Grande Armée. Il mourra peu après en rentrant en France. La plupart des officiers généraux de l'expédition ont servi Napoléon. Ayant perdu un œil à Ligny (1815), Trézel avait été nommé maréchal de camp durant les Cent-Jours. Rullière était un ancien chef de bataillon d'infanterie en Saxe (1813), Valée (de Brienne-le-Château), qui succèdera au Haut-Marnais, était déjà général sous l'Empire, Rohault de Fleury, lieutenant-colonel. A noter que servait devant Constantine, qui tombera le lendemain, le futur maréchal de Mac-Mahon. Saint-Cyrien, colonel (1813) aide de camp du maréchal Marmont, Denys de Damrémont, mort au champ d'honneur à l'âge de 54 ans, était par ailleurs très lié avec d'autres gloires de l'Empire : il était le gendre du général Baraguey d'Hilliers, le beau-frère du général Foy. Son corps sera ramené par le bateau à vapeur Le Styx, arrivera en France le 13 novembre, sera déposé au lazaret de Toulon. Les obsèques du général Damrémont, Pair de France, seront célébrées le 5 décembre 1837 aux Invalides, en présence notamment du maréchal Moncey, et c'est à cette occasion qu'«un orchestre, composé de 300 musiciens, a exécuté la messe de M. Berlioz d'une manière digne de la grande solennité funèbre du jour». Il s'agit du fameux Requiem. La veuve du général, Clémentine, sera légataire universelle du maréchal Marmont. Damrémont était le père d'Auguste-Louis-Charles Denys, comte de Damrémont (1819-1887), qui épousera une demoiselle Hennessy originaire de la région de Cognac, et d'Henriette-Françoise-Clémentine. Pour compléter cet article, signalons que plusieurs Haut-Marnais ayant servi comme officiers sous l'Empire ont participé aux opérations d'Algérie : le lieutenant-colonel d'artillerie d'Esclaibes d'Hust (Echenay), le capitaine Foissey (Meuvy), le capitaine Lerouge (Flammerécourt), tué à Alger en juillet 1830, le capitaine Perrin (Lezéville), mort à Oran en novembre 1837...

mercredi 18 mai 2016

Les frères Leveling, des Prussiens à Bourbonne

Prussiens de naissance, les capitaines Leveling ont choisi, après l'Empire de se fixer à Bourbonne-les-Bains. Sans doute parce que leur sœur s'y est établie à la suite de son époux, pharmacien. Ils sont les fils de Bonnaventure Leveling et de Marie-Joseph Faber. Damien Hartmann (très exactement : Damien Hartarde Joseph Hartmann), né le 29 mars 1783 à Coblentz (Coblence), dans le département de Rhin-et-Moselle, entre en service en l'an XII dans le 34e de ligne, devient sous-officier l'année suivante, puis officier le 7 septembre 1809, à 26 ans. Il sert dans la péninsule et, lieutenant adjudant-major, il est fait prisonnier le 8 juillet 1812. Il rentre en juin 1814, ayant été promu entre-temps capitaine. Membre de la Légion d'honneur le 17 mars 1815, Leveling se bat dans l'armée du Nord. Au sein du conseil d'administration de ce régiment, figure d'ailleurs un Haut-Marnais, le capitaine Jacquot, de Sommancourt. En 1816, il est domicilié à Bourbonne. Epoux de Catherine Renard, un fils naît dans la cité thermale en 1821. Officier de la Légion d'honneur en 1835, il décède le 30 avril 1843. Né le 6 juillet 1787 à Coblentz, son frère Hartmann André François Ferdinand Leveling est vélite au 2e régiment de chasseurs de la Garde impériale (1806), est nommé sous-lieutenant au 3e régiment d'infanterie légère (juin 1809), à 22 ans, puis lieutenant aide de camp du général Beurman (février 1812). Capitaine au 115e de ligne (juin 1813), puis de nouveau aide de camp de Beurman le mois suivant, il a été blessé d'un coup de feu à la jambe droite, le 9 juillet 1813 en Catalogne. Dans son rapport, le général Lamarque, divisionnaire de l'armée de Catalogne, dit : «Le général Beurmann a eu un cheval tué sous lui ; son aide de camp, le capitaine Léveling, a été blessé», du côté de Girone. Naturalisé français le 21 janvier 1818, chevalier de Saint-Louis, capitaine au 1er de ligne, domicilié à Bourbonne, il se marie, le 21 mai 1828, à Langres, avec Jeanne Besancenet, fille du président du tribunal civil de Langres. L'union a lieu en présence du capitaine de cuirassiers Jean de Brouville et de Jean-François Bézu, pharmacien-major des hôpitaux militaires en retraite, son beau-frère, qui vit à Bourbonne (il s'est marié avant 1802 avec Anne-Marie Leveling, est le père d'un Bourbonnais né à Coblentz en 1801). Il sera chef de bataillon au 5e léger, est domicilié à Bourbonne, en 1847, et décède le 14 août 1853 dans la cité thermale, en son domicile de la rue de Montmorency, à 70 ans. Leveling repose au cimetière de Bourbonne.

vendredi 5 février 2016

Perrin, de Lézeville à Oran via Prauthoy

Officier et chasseurs du 7e régiment d'infanterie légère en 1812. (Photo issue du site de Frédéric Berjaud). Il a connu la Haute-Marne dans toute sa diversité géographique. Né dans le nord-est du département, adolescent dans l'ouest haut-marnais, Joseph-Victor Perrin s'est marié à l'extrémité sud. Ses racines, donc, sont à Lézeville, dans l'ancien canton de Poissons – village où décédera le père du futur lieutenant François Jeannot. René, le chef de famille, est manouvrier dans la commune, lorsque son fils naît le 22 juillet 1789. D'homme de la terre sous l'Ancien régime, le père deviendra curieusement gendarme. Joseph-Victor le suivra donc dans ses affectations. D'abord à Bourmont. Etudiant, le jeune homme, appelé avec la classe 1809, est exempté du tirage au sort, puisque servant déjà, comme René, dans la gendarmerie. Ce qui ne l'empêchera pas d'être dirigé, le 28 octobre 1808, sur un régiment des fusiliers de la Garde impériale. Un tremplin pour sa carrière militaire : l'enfant de Lézeville est sous-lieutenant, à 23 ans, dans le 7e régiment d'infanterie légère, lorsqu'il est fait prisonnier durant la Campagne de Russie. A son retour de captivité, il est situé, fin 1815, comme «officier en activité» à Juzennecourt, où son père a été entre-temps affecté. Sert-il rapidement durant la Première Restauration ? Apparemment pas. En revanche, Perrin est promu lieutenant, en 1823, et sert au 62e régiment d'infanterie de ligne créé la même année. Un corps qu'il ne quittera dès lors plus. En 1827, Joseph-Victor se marie à Prauthoy, où René est gendarme, avec Nicole-Louise Daguin. La Monarchie de Juillet le voit capitaine (30 septembre 1830, à la même date que son compatriote Delavenay), toujours au 62e. Membre de la Légion d'honneur, Perrin est veuf lorsque le 24 novembre 1837, il décède de maladie dans un hôpital militaire d'Oran, en Algérie, à 48 ans. Son régiment, venu de Marseille, servait en Afrique du Nord depuis juin 1836.

mercredi 30 décembre 2015

Un héros de Valoutina (1812) : le lieutenant Etienne

(Dessin signé Frédéric Berjaud, auteur de l'excellent blog consacré aux soldats de la Grande Armée). Dainville-Bertheléville est aujourd'hui une commune de la Meuse. Très proche de la Haute-Marne, elle a même fait partie, durant la Révolution, de ce département. C'est ici qu'a vu le jour, alors que le village se nommait Dainville-aux-Forges, le 14 novembre 1776, Théodore Etienne, fils de François Etienne et de Marie-Anne Bourlier. Une famille qui va s'établir à Roches-sur-Rognon, où le père exerce la profession de forgeron, puis à Ecôt-la-Combe. Contrairement à ce qu'indique le registre des matricules des soldats de la 12e demi-brigade d'infanterie de ligne, Théodore Etienne n'est donc pas né à Roches, village proche de Doulaincourt, mais il y est domicilié, lorsqu'il rejoint comme fusilier, avec son compatriote Louis Fayolle, la 2e compagnie du 1er bataillon auxiliaire de la Haute-Marne, à 23 ans. C'est toujours avec Fayolle (futur sergent) qu'il est incorporé dans la 12e demi-brigade, le 10 juin 1800, où il devient successivement caporal (1803) puis sergent (1806), ceci après avoir été blessé d'un coup de feu à Iéna. A nouveau touché le 25 décembre de la même année, Etienne est nommé sous-lieutenant (8 juin 1809), à 33 ans. Lieutenant (28 décembre 1810), il s'illustre le 19 août 1812 lors de la bataille de Valoutina, à l'occasion d'une des premières affaires de la Campagne de Russie. Durant cette bataille qui voit le général de division Gudin tomber pour la France, Etienne, alors officier au 2e bataillon, blesse de plusieurs coups de sabre le général de brigade russe Toutchkow, frère de deux autres généraux, qu'il capture. Pour ce fait d'armes, le Haut-Marnais est promu capitaine et fait – comme son compatriote Vacherot - membre de la Légion d'honneur, le 20 août 1812. Etienne se distingue encore à La Moskowa, le 7 septembre 1812, en étant un des premiers entrés dans la fameuse grande redoute (où il aurait été blessé). Touché à nouveau le 5 novembre durant la retraite, puis le 14 septembre 1813 à Peterswald (quelques semaines auparavant, il a été fait officier de la Légion d'honneur), il est capturé le 11 novembre 1813 à Dresde et ne rentre en France qu'en juin 1814. Capitaine au 29e régiment d'infanterie de ligne (ex-Légion du Nord) sous la Restauration, Etienne est promu chef de bataillon et cesse de servir fin 1831. Il était l'époux, depuis 1822, de Caroline-Virginie Labitte, originaire de Paris. Théodore Etienne décède à Saint-Germain-en-Laye le 11 avril 1837, à 61 ans.

mardi 8 décembre 2015

Pierre-Charles Férand voit le jour à Saint-Dizier le 16 mai 1782. Son père, Etienne, était, sous l'Ancien Régime, conseiller du roi, lieutenant particulier au bailliage et lieutenant général de police dans la cité bragarde.
Le jeune homme est domicilié à Moëslains lorsqu'il est incorporé le 26 février 1804 au 14e régiment d'infanterie de ligne, le régiment des conscrits haut-marnais. Caporal (15 juillet 1804), fourrier (21 février 1805), le Bragard est blessé à Austerlitz, avant d'être nommé sergent (16 février 1807) après Eylau. Sergent-major (11 avril 1807), Férand est promu sous-lieutenant par décret impérial (21 juillet 1808), à 26 ans. Selon A. Martinien, le Bragard – mentionné sous le nom de Ferrand - est blessé le 21 janvier 1809 lors du deuxième siège de Saragosse. Ouvrons ici une parenthèse. Durant ces opérations de sinistre mémoire, conduites par le maréchal Lannes, nombre de Haut-Marnais du 14e se sont illustrés. C'est le cas, par exemple, du sergent-major André-Isidore Grolère, de Villars-Saint-Marcellin, d'Aubin Jourdheuil, de Saint-Vallier, ou de Nicolas Lombard, de Silvarouvres. Ont trouvé la mort durant ce siège, notamment, Joseph Aubriot, de Poinson-lès-Grancey, François Chevallier, de Chézeaux, Antoine Lejoux, d'Isômes, Antoine Paris, de Serqueux, Jean Poisot, de Palaiseul, Pierre-Vincent Passerat, de Gudmont, Nicolas Porte et Pierre Robert, de Boubonne ; ont été blessés Clément Denisot, de Maizières-sur-Amance, le grenadier Pierre Fuselier, de Charmes-en-L'Angle, ou François Minguet, de Longeau, tous futurs officiers. Férand, de son côté, passe lieutenant, et c'est avec ce grade qu'il est blessé, le 12 avril 1813 à Villena. Capitaine retraité, revenu à Saint-Dizier, l'officier se marie en décembre 1814 dans la cité bragarde avec Anne-Marguerite Pouzol, nièce du capitaine de cavalerie retiré Jean Pouzol, 75 ans, domicilié à Saint-Dizier. Férand reprend du service durant les Cent-Jours, comme capitaine du Corps-franc de la Haute-Marne. Puis il devient greffier. Et c'est dans sa ville de naissance qu'il décède, le 23 décembre 1825, à seulement 43 ans.